Léon Louis

LOUIS LEON
A première vue Léon Louis est un partisan de la besogne, un metteur en couleurs obstiné, un amateur d’art brut de décoffrage. Avec un sens certain du maculage, Léon Louis gâche les couleurs de l’arc-en-ciel sur le ciel plat de sa peinture. Une peinture au poids qui déboule, qui tache, qui marque son territoire sans manières, qui exclut toute notion de bon voisinage plastique. A y regarder de plus près, cette peinture s’affiche en épaisseurs, comme des vêtements qui se superposent pour lutter contre les aléas. Une peinture en lambeaux faites des peaux d’un animal qui s’interdirait de muer. Sa pratique picturale quotidienne est une faim qu’il faut parfois freiner sous peine de le voir revenir mille fois sur le même ouvrage. Sans doute qu’il faudrait photographier chaque labeur couche après couche, dans le processus de création, pour bien se rendre compte de l’invention étouffée prisonnière de chaque toile. Sans doute que la vitalité de son art est là, coincée entre deux couches d’acrylique, bien au chaud au fond des plis multicolores de cette grande peausserie qu’est la peinture.

François Liénard

 

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :