Abdelaziz Ladhari

LADHARI

Né le 8 septembre 1956 à M’Saken en Tunisie, comme Jaber, auquel il achetait des œuvres et qui l’a initié à la peinture, Abdelaziz Ladhari est un peintre autodidacte vivant actuellement en Espagne. Arrivé en France, il a d’abord exercé tous les métiers : apprenti cuisinier, agent commercial, commerçant ambulant, peintre en bâtiment, ferrailleur et même en Belgique projectionniste avant de se consacrer définitivement à la création en 1998. Travaillant au feeling, suivant l’inspiration spontané tirée de son expérience de la vie. Il est réfractaire aux académies des beaux arts, auxquelles il a tenté en vain de s’intégrer. Il peint le plus souvent à l’acrylique sur toile et il fabrique lui-même ses châssis, mais il est ouvert à toutes les expériences (il a fait un jour, avec des olives écrasées, un tableau qui a gardé des couleurs magnifiques).

 

Richard Bawin

Richard BAWINRichard BAWIN

Dans une série de collages remarquables, il reprend des images extraites de films, images qu’il surdessine et qu’il insère dans des architectures faites de traits emplis de couleurs, le tout sur fond noir. L’on y reconnaît La planète des singes, La fureur du dragon, Le jour des morts vivants, La tour infernale, Le bon, la brute et le truand, La vache et le prisonnier, le cinéclub de Richard n’est pas sectaire. Les images d’acteurs font corps avec les architectures, encastrées dans ce décor de briques. Les constructions ornées, cernées et coloriées se détachant des fonds éteints sont comme des bijoux graphiques, des pendentifs de papier, des décorations rutilantes, byzantines. Oui c’est Byzance, dans les aplats de couleurs et les formes circonscrites, les coupoles et les frontons, ces effets de mosaïques – manqueraient juste les dorures, rendues inutiles par les fonds noirs accentuant par contraste la luminosité des couleurs. Mais les saints et les saintes priées par Richard Bawin s’appellent ici Bruce Lee, Clint Eastwood, Alain Delon, Jean-Claude Van Damme, Tarzan, Jane ou Super Jamie. Vielsalm où œuvre Richard n’est pas Byzance, Constantinople ou Istanbul, encore moins Hollywood, mais les légendes prennent parfois naissance sur les terres les plus inattendues.

François Liénard

 

David Huis

DAVID HUIS

Le dessin est volontairement flou et indécis même si l’on perçoit rapidement les détails de ces moments de guerre. Une guerre totale, dans laquelle rien d’humain ne subsiste : il y a quelques personnages mais habillés pour se battre, si bien que leur humanité a disparu. Les tableaux sont totalement surchargés de détails : il n’existe aucun moyen d’échapper à la volonté de destruction. Les premiers plans mettent en évidence des êtres-machines et le sang qu’ils versent. Derrière la naïveté du dessin, perspective et construction des tableaux permettent de diffuser une angoisse certaine.

 

Lucas Gerbinet

Au fond, elle est mélancolique cette éternité de l’homme par les astres et plus triste encore cette séquestration des mondes-frères par l’inexorable barrière de l’espace. Tant de populations identiques qui passent sans avoir soupçonné leur mutuelle existence !

Auguste Blanqui « L’éternité par les astres » 1871

Ce qui se dégage des surfaces densément animées par Lucas GERBINET, c’est un sentiment de totalité, une conception de l’espace qui dépasse largement le champ unique de la feuille couverte. Alors que des courbes acérées s’y multiplient et s’y succèdent abondamment avec une intensité et une vitesse qui semblent complètement dégagées de tout processus d’identification ; elles laissent au final transparaître un souffle d’énergies vitales dont Lucas GERBINET serait à lui seul le canal. S’il intervient parfois, par infortune, lorsqu’on ne lui a pas encore confié de feuille de papier, sur les dessins de ses voisins de table, l’auteur de ces dessins révèle par cette simple anecdote que ses interventions dépassent largement le territoire balisé d’une identité graphique exhibée sur le papier, pour plutôt conquérir un espace en expansion. Avec ses dessins, Lucas GERBINET propulse ses intentions bien au-delà de l’art.

Et de fait, ces all-over au bic bleu, noir ou rouge, tels la mouvance de nuées d’étourneaux dans les airs, ont un corps expansif constitué d’une infinité de sources qui semblent simultanées, loin d’un sujet central. Comme ces nuées, tous ces traits denses qui se répètent et se chevauchent engendrent des sentiments mouvants : tantôt la crainte, l’opacité impénétrable, tantôt des envols simultanés, des profondeurs, des traversées. Mais ce qui dénote par-dessus tout dans les dessins de Lucas GERBINET, et qu’il ne faudrait pas oublier, c’est que cette écriture plein champ nous fait justement quitter l’orbite d’une intentionnalité primaire (celle d’un auteur dont l’attention serait portée vers la réception et l’interprétation de ses dessins par ses spectateurs). L’identification se volatilise en mille et un traits animés. Quittant cette notion de centre, l’auteur ne semble pas se demander ce que vous y voyez, ou ce que vous y ressentez. Tout semble ici se muer dans des univers à tout jamais parallèles. Et si l’on décèle l’anima du dessinateur d’une part, et le souffle du spectateur d’autre part, tous deux sont voués à cohabiter dans un univers commun sans jamais se soucier à outre mesure de leur mutuelle existence, partageant seulement un espace expansif commun qui se révèle justement sur la surface de ces feuilles de papier.

Annabelle DUPRET Juin 2018

 

Joël Lorand

JOEL LORAND

Joël est un véritable créateur, pas de ceux qui pèchent ici et là des idées à détourner ou développer. Il entre dans le fantasme sublimé avec l’infini subtilité et délicatesse qui obère tout risque de vulgarité, toute lourdeur, toute méprise, tout risque de mauvais goût. Il manie la parabole au cœur d’un imaginaire sans frontières, sans interdits, on lit entre ses lignes, ses couches et ses arabesques la sensualité, l’instinct, l’expressivité, le surhumain, l’au delà, la supra humanité animalité. (Extrait art. de Gilbert Pinneau)

 

Léon Louis

LOUIS LEON
A première vue Léon Louis est un partisan de la besogne, un metteur en couleurs obstiné, un amateur d’art brut de décoffrage. Avec un sens certain du maculage, Léon Louis gâche les couleurs de l’arc-en-ciel sur le ciel plat de sa peinture. Une peinture au poids qui déboule, qui tache, qui marque son territoire sans manières, qui exclut toute notion de bon voisinage plastique. A y regarder de plus près, cette peinture s’affiche en épaisseurs, comme des vêtements qui se superposent pour lutter contre les aléas. Une peinture en lambeaux faites des peaux d’un animal qui s’interdirait de muer. Sa pratique picturale quotidienne est une faim qu’il faut parfois freiner sous peine de le voir revenir mille fois sur le même ouvrage. Sans doute qu’il faudrait photographier chaque labeur couche après couche, dans le processus de création, pour bien se rendre compte de l’invention étouffée prisonnière de chaque toile. Sans doute que la vitalité de son art est là, coincée entre deux couches d’acrylique, bien au chaud au fond des plis multicolores de cette grande peausserie qu’est la peinture.

François Liénard

 

Irène Gérard

IRÈNE GERARD

Irène Gérard :

Les corps sont en morceaux, en morceaux recollés, comme un vitrail défenestré, couché sur le parvis d’une église. Le puzzle est complexe mais presque toutes les brisures sont là, reste à les assembler pour reconstituer une histoire plausible, celle d’Irène Gérard. Ses peintures coupent comme verre, ses dessins sont taillés comme au canif. Têtes et membres s’encastrent, s’accouplent, se clipsent et se cliquent pour composer des corps différents mais malgré tout crédibles. Et une mâchoire s’emboîte dans un maxillaire, un maxillaire dans l’aile d’un nez, l’aile d’un nez dans l’espace vacant entre les deux yeux, deux yeux qui nous observent. Car ce monde claquemuré dans deux seules dimensions est pourtant tangible, palpable, comme animé. Il suffit de s’habituer à ces nouvelles anatomies, ces relations inédites entre leurs différentes parties. En fin de compte ces vitraux sont intacts, les plombs dans la tête d’Irène Gérard sont résistants, tous ces êtres se présentant dans les encoignures des acryliques et des crayons sont nos parents proches. Ce n’est qu’une question de regard, de grille de lecture, d’adaptation à un monde parallèle, qui est aussi le nôtre.

François Liénard

 

Martha Grunenwaldt

Martha GRUNENWALDT

Martha GRUNENWALDT créatrice d’art brut présente dans la collection d’art brut de Lausanne, d’art et marge à Bruxelles, création franche à Bègles, LAM à Villeneuve d’Asq, docteur Guislain à Gent Belgique ainsi que dans de nombreuses collections privées.

Dessin ancien réalisé en 1989 aux crayons de couleur et gouache sur papier 36 X 27 cm.

Un très beau et bouleversant petit film de Bruno Decharme sur Martha :

 

« Je pense que c’est bien !  » nous dit Martha.

N’hésitez pas pour tout renseignement complémentaire contactez moi : Jean-Louis FARAVEL 07 67 10 15 35

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