Oscar Haus

Oscar Haus

Oscar Haus est né en 1939. Très proche de sa mère, il a beaucoup souffert de la voir subir la violence de son père. Il a suivi l’enseignement primaire avant de travailler quelque temps dans un atelier de verrerie à Braine-le-Comte. Très agité, il est placé dans divers établissements avant d’intégrer le Centre de La Pommeraie en 1974, travaillant jusqu’à l’âge de cinquante-sept ans aux Ateliers de Blicquy dans plusieurs secteurs : fabrication de blocs de béton, collage d’étiquettes sur des sacs de conditionnement. Il est à la retraite depuis quelques années.
Au début, Oscar Haus ne fait que crayonner à l’atelier de dessin. Puis, il se familiarise avec les crayons de couleur qu’il emploie avec beaucoup de finesse, travaillant par superposition de tons et ne négligeant aucun détail de ce qu’il dessine. Son univers est champêtre, léger, idyllique : oiseaux, fleurs et soleil sont omniprésents. Les couleurs sont chatoyantes. Mis à part le dessin, Oscar Haus aime également animer des soirées avec son « piano à bretelles », s’adonnant parfois à de petites improvisations.
Oscar Haus est décédé le 11 septembre 2018. Il résidait à Ellignies-Sainte-Anne, en Belgique.

 

Yvonne Robert

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Née 1922 à Saint-Avaugourd-des-Landes, dans une famille d’agriculteurs vendéens qui compte sept enfants, Yvonne Robert vit une enfance difficile : entre ivresse du père et tentative de suicide de la mère. Elle obtient son certificat d’études à douze ans et devient bonne chez des instituteurs puis chez un fermier qui abusera d’elle. Elle se marie en 1944 et subit l’ivrognerie de sa belle-mère qui ne l’apprécie guère. En 1945, après la naissance de son premier enfant, elle s’installe avec son mari à Grues. A la suite d’une diphtérie mal soignée, elle sombre dans un état dépressif latent.
En 1974, au rayon papeterie des Nouvelles-Galeries de Luçon, elle achète du papier et des aquarelles. Encouragée par son frère, elle achète, quelques mois plus tard, de la peinture à l’huile et des toiles. C’est le début d’une longue série de tableaux qu’elle peint dans une pièce exiguë et mal éclairée, tenant la toile sur ses genoux. De 1974 à 1984, elle exécute plus de deux cent cinquante œuvres de petit format dont une dizaine rejoindra la Collection de l’Art Brut à Lausanne. Longtemps, par humilité mais aussi par méfiance, elle ne voudra pas exposer ses peintures. Yvonne Robert peint également à la gouache et, plus récemment à l’acrylique, les scènes rurales de son quotidien ou de son enfance. Chaque peinture est accompagnée d’une légende-titre écrite dans la partie inférieure du tableau.
Yvonne Robert est décédée le 20 janvier 2018. Elle résidait à Grues, en Vendée. Son œuvre est présente dans la Collection de l’Art Brut à Lausanne et dans celle de l’Aracine au LaM Lille Métropole.

Jaber

Jaber

Artiste autodidacte découvert par Jean Dubuffet. ancien boulanger, boxeur et bateleur. A enregistré deux disques chez Pathé Marconi a fréquenté le petit conservatoire de Mireille. Personnage entouré de légendes et d’histoires rocambolesques. Il est analphabète mais sous son aspect de pauvre artiste il s’en sort très bien. Les peintures de Jaber, comme ses dessins, sont réalisés en jonglant avec les formes, les symboles et le rythme des couleurs dans une confusion d’expression qui n’est pas, du moins au départ, très facile à comprendre.

 

Patrick Chapelière

Patrick Chapelière.Patrick Chapelière

A 50 ans pendant sa période d’inactivité forcée, il commence à dessiner, pour s’occuper. Lorsqu’il retrouve un emploi dans une usine de cartonnage, il continue à dessiner quotidiennement, au retour du travail, jusqu’a une heure avancée de la soirée,et le week end qu’il passe dans sa maison de campagne. Il utilise une technique très personnelle : sur des chutes de carton qui lui sont données dans son entreprise, il trace, à l’aide d’une pointe Bic usagée, une multitude de sillons qui structurent et révèlent une image avec la mise en couleurs au crayon-cire. Apparaissent alors fleurs, animaux, petits personnages et architectures fantastiques. Le monde animalier de Patrick Chapelière emprunte autant à l’imaginaire qu’a ses nombreux souvenirs de chasseur.

 

Pol Jean

Pol Jean

Pol a longtemps travaillé le dessin et la peinture pour lui-même. Il possède une surproduction de travaux. Avec cet esprit boulimique de travail malgré ses activivités au jardin, il fréquent l’atelier dessin de « Campagnard » une fois par semaine.
Avec une nette préférence pour les portraits, il campe des visages torturés à la géométrie très marquée. Dans ces faciès décomposés, il porte une grande attention aux regards qui sont toujours très intenses.

Abdelaziz Ladhari

LADHARI

Né le 8 septembre 1956 à M’Saken en Tunisie, comme Jaber, auquel il achetait des œuvres et qui l’a initié à la peinture, Abdelaziz Ladhari est un peintre autodidacte vivant actuellement en Espagne. Arrivé en France, il a d’abord exercé tous les métiers : apprenti cuisinier, agent commercial, commerçant ambulant, peintre en bâtiment, ferrailleur et même en Belgique projectionniste avant de se consacrer définitivement à la création en 1998. Travaillant au feeling, suivant l’inspiration spontané tirée de son expérience de la vie. Il est réfractaire aux académies des beaux arts, auxquelles il a tenté en vain de s’intégrer. Il peint le plus souvent à l’acrylique sur toile et il fabrique lui-même ses châssis, mais il est ouvert à toutes les expériences (il a fait un jour, avec des olives écrasées, un tableau qui a gardé des couleurs magnifiques).

 

Richard Bawin

Richard BAWINRichard BAWIN

Dans une série de collages remarquables, il reprend des images extraites de films, images qu’il surdessine et qu’il insère dans des architectures faites de traits emplis de couleurs, le tout sur fond noir. L’on y reconnaît La planète des singes, La fureur du dragon, Le jour des morts vivants, La tour infernale, Le bon, la brute et le truand, La vache et le prisonnier, le cinéclub de Richard n’est pas sectaire. Les images d’acteurs font corps avec les architectures, encastrées dans ce décor de briques. Les constructions ornées, cernées et coloriées se détachant des fonds éteints sont comme des bijoux graphiques, des pendentifs de papier, des décorations rutilantes, byzantines. Oui c’est Byzance, dans les aplats de couleurs et les formes circonscrites, les coupoles et les frontons, ces effets de mosaïques – manqueraient juste les dorures, rendues inutiles par les fonds noirs accentuant par contraste la luminosité des couleurs. Mais les saints et les saintes priées par Richard Bawin s’appellent ici Bruce Lee, Clint Eastwood, Alain Delon, Jean-Claude Van Damme, Tarzan, Jane ou Super Jamie. Vielsalm où œuvre Richard n’est pas Byzance, Constantinople ou Istanbul, encore moins Hollywood, mais les légendes prennent parfois naissance sur les terres les plus inattendues.

François Liénard

 

David Huis

DAVID HUIS

Le dessin est volontairement flou et indécis même si l’on perçoit rapidement les détails de ces moments de guerre. Une guerre totale, dans laquelle rien d’humain ne subsiste : il y a quelques personnages mais habillés pour se battre, si bien que leur humanité a disparu. Les tableaux sont totalement surchargés de détails : il n’existe aucun moyen d’échapper à la volonté de destruction. Les premiers plans mettent en évidence des êtres-machines et le sang qu’ils versent. Derrière la naïveté du dessin, perspective et construction des tableaux permettent de diffuser une angoisse certaine.

 

Lucas Gerbinet

Au fond, elle est mélancolique cette éternité de l’homme par les astres et plus triste encore cette séquestration des mondes-frères par l’inexorable barrière de l’espace. Tant de populations identiques qui passent sans avoir soupçonné leur mutuelle existence !

Auguste Blanqui « L’éternité par les astres » 1871

Ce qui se dégage des surfaces densément animées par Lucas GERBINET, c’est un sentiment de totalité, une conception de l’espace qui dépasse largement le champ unique de la feuille couverte. Alors que des courbes acérées s’y multiplient et s’y succèdent abondamment avec une intensité et une vitesse qui semblent complètement dégagées de tout processus d’identification ; elles laissent au final transparaître un souffle d’énergies vitales dont Lucas GERBINET serait à lui seul le canal. S’il intervient parfois, par infortune, lorsqu’on ne lui a pas encore confié de feuille de papier, sur les dessins de ses voisins de table, l’auteur de ces dessins révèle par cette simple anecdote que ses interventions dépassent largement le territoire balisé d’une identité graphique exhibée sur le papier, pour plutôt conquérir un espace en expansion. Avec ses dessins, Lucas GERBINET propulse ses intentions bien au-delà de l’art.

Et de fait, ces all-over au bic bleu, noir ou rouge, tels la mouvance de nuées d’étourneaux dans les airs, ont un corps expansif constitué d’une infinité de sources qui semblent simultanées, loin d’un sujet central. Comme ces nuées, tous ces traits denses qui se répètent et se chevauchent engendrent des sentiments mouvants : tantôt la crainte, l’opacité impénétrable, tantôt des envols simultanés, des profondeurs, des traversées. Mais ce qui dénote par-dessus tout dans les dessins de Lucas GERBINET, et qu’il ne faudrait pas oublier, c’est que cette écriture plein champ nous fait justement quitter l’orbite d’une intentionnalité primaire (celle d’un auteur dont l’attention serait portée vers la réception et l’interprétation de ses dessins par ses spectateurs). L’identification se volatilise en mille et un traits animés. Quittant cette notion de centre, l’auteur ne semble pas se demander ce que vous y voyez, ou ce que vous y ressentez. Tout semble ici se muer dans des univers à tout jamais parallèles. Et si l’on décèle l’anima du dessinateur d’une part, et le souffle du spectateur d’autre part, tous deux sont voués à cohabiter dans un univers commun sans jamais se soucier à outre mesure de leur mutuelle existence, partageant seulement un espace expansif commun qui se révèle justement sur la surface de ces feuilles de papier.

Annabelle DUPRET Juin 2018

 

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